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DÉMARCHE DE CRÉATION

 

Je puise mon inspiration dans l’univers maritime dans lequel j’ai grandi, un archipel au milieu du Golfe Saint-Laurent nommé les Iles de la Madeleine. Mes paysages s’inspirent des couleurs de cette région et je me plais à faire des navires, des bateaux de pêche, des phares ou des maisons qui se laissent bercer par le vent omniprésent. Je laisse de plus en plus de place à la liberté du mouvement lorsque j’applique les couleurs au pinceau, et les lignes contours noires se rapprochent de mes traits aux dessins : elles sont arbitraires et spontanées, comme dans mes gribouillis.  Malgré les couleurs vives de mes paysages, ces œuvres reflètent des problématiques actuelles auxquelles font face les Madelinots : l’érosion, l’isolement, l’insularité, l’appréhension d’une énergie propre et durable.

 

Les thématiques de la faune marine ainsi que des oiseaux du Saint-Laurent m’inspirent. Sur une toile, je laisse une grande place à l’imprévu et au hasard par les taches qui se créent sur le support au contact avec l’eau. Je travaille ainsi la transparence avec la peinture diluée.

 

Parallèlement aux paysages et au monde animal, mon inspiration vient des histoires « vraies » que ma grand-mère, Élisa Déraspe, me racontait à chacune de mes visites chez elle. Ses histoires parlent de bateaux fantômes, de pirates, de souliers rouges, de coqs, de hibou, de trésor perdu.

CREATIVE PROCESS

I draw my inspiration from the nautical universe where I grew up, an island in the middle of the Gulf of Saint Lawrence called the Magdalen Islands. The landscapes I create are just as colourful and lighthearted as the region's scenery. I enjoy painting sun-drenched lighthouses and country houses, ships and fishing boats swayed by a perpetual wind. Freedom of movement is slowly taking a more prominent role in my brush technique, and my black contours are adopting the wandering and spontaneous appearance of my doodles. Despite the brightly coloured landscapes, my work reflects many of the current issues faced by the islanders, be it erosion, isolation, insularity or the transition to clean and durable energy sources.

I draw inspiration from the marine wildlife and some of the St. Lawrence birds. On the canvas, I work the transparency of the diluted paint by taking advantage of the unexpected blots and smears created by the addition of water on the surface.

 

Along with landscapes and wildlife, my inspiration comes from the “true” stories that my grandmother, Élisa Déraspe, was telling me every time I went to visit her. Her stories were about ghost ships, pirates, red shoes, roosters, owls, and lost treasures.

LÀ D'OÙ JE VIENS

 

Là d’où je viens, le ciel emprunte des couleurs où s’entrecroisent le violacé et le rougeâtre chaque soir; les vagues s’écrasent dans un rythme incessant, comme une promesse d’éternité, sur les plages de sable blanc; les bateaux voguent sur l’eau à chaque retour de printemps et l’air qu’on y respire rappelle sans cesse les effluves salines de la mer.

Là d’où je viens, le vent souffle fort durant toute l’année. Parfois, il secoue les arbres et les maisons, comme s’il voulait nous réveiller, mais la plupart du temps, le vent est léger: c’est comme s’il nous caressait le visage. Chaque fois que l’on peut entendre ses complaintes, c’est parce qu’il nous murmure ses secrets.

Là d’où je viens, les villages regorgent de légendes, contes et histoires de bateaux fantômes, pirates, sirènes, trésors et naufrages. Quand la brume se lève doucement et que son silence enveloppe une Île, ce sont les morts et les fantômes des légendes qui reviennent un instant. Quand l’on regarde attentivement, on arrive presque à les voir.

Là d’où je viens, les naufrages se comptent par centaine. La mer est dangereuse, sournoise. Les marins qui se sont crus plus fort qu’elle ont été emportés dans le fond de l’océan. Parfois, les âmes tourmentées des naufragés secouent la mer pour nous signifier leur présence. Durant ces tempêtes, la mer ronge les falaises et détruit tout sur son passage. Les jours plus calmes, le soleil reflète les couleurs oranges et violet des méduses dans l’eau et la nuit, sous les rayons de la lune, c’est comme si la mer avait des centaines de petites lanternes.

Je viens d’un paradis de vent, d’eau et de sable. Je viens des Îles de la Madeleine.

- Myriam Leblanc, 2012

WHERE I'M FROM

Where I’m from, the sky steals tones of purple and red from the dying sun to colour each evening. Waves never stop kissing the white-sand shores, always going away with the promise of coming back. Boats are drifting in and out of sight, and each breath is a salty reminder of the nearness of the sea.

Where I’m from, the wind blows year-long, sometimes so hard it shakes trees and houses as if to wake us up, sometimes so soft it barely caresses our faces, but always singing, always whispering its sweet secrets in our ears.

Where I’m from, villages overflow with tales and legends, stories of ghost ships, pirates, mermaids, treasures and shipwrecks. On days to be remembered, the fog embraces the hills, blurs the fine line of the horizon and smothers every sound but the voice of the storytellers, clearing the scenery for the ancestors to dig themselves out of our memories.

Where I’m from, maps have been punctuated with hundreds of shipwrecks. The sea is grand but cruel; sailors who thought they could fool her often never made it home. Their wrecked souls still wander atop the raging waves that reshape the islands, devouring the cliffs and spitting them back on the beach one storm at the time. When they’re at rest, the swell mirrors the sun just as the moon and shimmers with the vibrant shades of jellyfishes.

I am from a paradise of wind, water and sand. I am from the Magdalen Islands.

- Myriam Leblanc, 2012

Myriam Leblanc